FABRIQUE DES PANDEMIES

LE JEUDI 10 NOVEMBRE 2022

AVEC LA PARTICIPATION DE MARIE MONIQUE ROBIN

Au cinéma Le Palace

  • Sras, Ebola, Fièvre de Lassa, ou Covid-19 : depuis les années 2000, l’humanité est confrontée à au moins une nouvelle maladie infectieuse par an. Toutes ces maladies émergentes sont des zoonoses, des maladies transmises par des animaux aux humains.
  • En précipitant l’effondrement de la biodiversité, les activités humaines sont les responsables de cette « épidémie de pandémies », selon un grand nombre de scientifiques. « La santé planétaire », c’est la réponse qu’ils proposent face à cette menace : une conception globale de la santé pour prendre soin tout à la fois des hommes, des animaux et des écosystèmes.
  • Partie à la rencontre de ces « écologues de la santé », Juliette Binoche découvre comment, sur le front de la déforestation, des monocultures et de l’élevage industriel, mais aussi du dérèglement climatique, aux quatre coins du monde de multiples vigies scientifiques surveillent la propagation de nouveaux agents pathogènes, et travaillent avec les populations locales pour en limiter les risques.
  • Et le constat est sans appel : si nous ne nous attaquons pas aux causes environnementales, les alertes aux pandémies prendront le pouvoir sur nos vies et le coût – financier, humain et écologique – sera colossal.

INTERVIEW DE MARIE MONIQUE ROBIN RÉALISATRICE

REMETTRE DE LA COHÉRENCE

COMMENT L’IDÉE DE RÉALISER CE FILM VOUS EST-ELLE VENUE ?

L’idée de ce film est née après la lecture d’un article publié dans le New York Times le 28 janvier 2020 et intitulé « We made the coronavirus epidemic». A partir de février 2020, je suis entrée en relation virtuelle -confinement oblige- avec 62 scientifiques internationaux de différentes disciplines (virologues, parasitologues, écologues, épidémiologistes, mathématiciens, démographes, ethnobotanistes, médecins, vétérinaires, etc.) qui ont identifié, documenté et expliqué le cocktail favorisant la création de ce qu’ils appellent « les territoires d’émergence » des maladies infectieuses. De nombreuses activités humaines provoquent le dysfonctionnement des « services écosystémiques », ce qui menace la santé des humains, des animaux et des plantes.

POUR LA PREMIÈRE FOIS, LA RÉALISATION DU FILM VIENDRA APRÈS LA PUBLICATION. POURQUOI?

En effet, Covid 19 m’a contrainte à modifier ma pratique habituelle, consistant à réaliser d’abord un film, qui nourrit l’écriture d’un livre. Ce fut finalement une très belle expérience : la rédaction m’a permis de mûrir patiemment mon projet de film. Au fil des mois – et alors que la pandémie provoquait le confinement d’une grande partie de l’humanité et terrassait l’économie mondiale – j’ai maintes fois remanié le synopsis pour que le documentaire permette de répondre à des questions qui intéressent un large public, bien souvent déboussolé par l’issue très incertaine de la crise sanitaire.

QU’APPORTERA LE FILM, EN COMPLÉMENT DU LIVRE ?

De magnifiques images et des paroles fortes ! Je voulais vraiment montrer la beauté de la biodiversité, en donnant envie de la protéger. Le film apportera aussi un éclairage inédit en donnant la parole à des scientifiques et spécialistes de terrain, qui ont l’impression de prêcher dans le désert. Curieusement l’impressionnante expertise qu’ils ont accumulée est largement ignorée des politiques qui se contentent de parer au plus pressé
– avec des mesures sanitaires et des vaccins – sans s’attaquer aux causes qui sont a l’origine des pandémies.

QUE SOUHAITEZ-VOUS DIRE AU PUBLIC ?

Loin du discours anxiogène qui prévaut depuis l’émergence de la Covid 19 et qui caractérise en général les documentaires traitant des nouvelles maladies infectieuses, je voulais faire un film qui fasse du bien, en remettant de la cohérence dans les désordres qui nous assaillent et en fournissant des outils à tous ceux, citoyens, associations et organisations internationales, qui œuvrent pour que le « Jour d’après » ne ressemble pas au « Jour d’avant ».

Plus que tout, il s’agit de recréer du lien entre les humains et le reste du vivant. La richesse de la biodiversité ne constitue pas un supplément d’âme pour une petite frange de bobos écolos-a-velo, mais elle est notre « maison commune » sans laquelle aucune vie sur terre n’est possible. Ce film est un hommage à la nature, que nous ne pouvons plus continuer à sacrifier, sous peine de sacrifier nos propres enfants…

INTERVIEW DE JULIETTE BINOCHE, INTERVENANTE